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Ce blog, c'est un peu un grand foutraque où vous trouverez un peu de tout, beaucoup de rien et un avis sur pas de mal choses.

02 Mar

Du besoin de segmenter et de stéréotyper.

Publié par Pifpafpouf  - Catégories :  #Réflexions

http://www.psychologytoday.com/files/u114/stereotype.gif

 

En écoutant ceci, Je me rends compte que, même les plus ardents défenseurs de la différence, se sentent obligés de segmenter et stéréotyper.

Je n'ai pas la prétention de faire changer les mentalités ou d'être le mieux placé pour aller à l'encontre du cliché ou du besoin de caser l'autre, mais peut être d'apporter ma petite pierre à l'édifice.

Au delà du jeu vidéo ou même de la culture geek (passage intéressant sur la tête d'ampoule pour dénoncer un cliché tout en le renforçant), je trouve encore ça étonnant ce besoin de réduire une personne à sa passion, à son sexe voire même à la taille de ses pieds.

En effet, il est plus simple de situer une personne par une seule de ses facettes, de la réduire à un cliché et d'ensuite, vouloir s'en défendre ou même le combattre en disant que c'est un peu vrai quand même. 

 

J'abhorre la question : Comment définis tu ? J'ai juste envie de répondre que je suis moi et non pas seulement un joueur de jeu vidéo ou un cinéphage, insérer la suite.

Le pire, c'est la question : Et toi, tu me définis comment ? Moi, je réponds que je ne me pose pas la question. Je prends la personne dans son ensemble, je ne la limite pas à trois critères stéréotypés et absurdes pour entretenir un cliché.

Parce que le cliché ne s'entretient pas que par la personne obtus qui vous limitera à des jolis noms inventés pour se définir ou à coups de "toi, t'es pas un vrai" et autre transposition de message sms dans son discours pour dire que c'est un kikoolol trop débile alors que moi, je suis vrai.

Le cliché, c'est aussi entretenu par ceux qui s'en défendent : oui, je suis ça mais pas que, c'est vrai que j'ai des lunettes, je lis du hentaï en cachette mais je ne suis pas qu'un otaku ou un gruik pervers.

Le cliché se situe dans la propension de l'individu se sentant visé par le cliché à le rétorquer alors que de le faire sien tout en essayant de ne pas se définir dans une case en ferait une simple partie de ce qu'il est.

Il est évident que celui qui se dit Geek attire le cliché, comme celle qui crie à tue tête que c'est une femme mais qu'il ne faut pas la réduire à ça. Le féminisme type chienne de garde est un joli exemple de l'entretien du cliché : les femmes sont brimées, on veut avoir l'équivalent des hommes.

Personnellement, j'y vois l'entretien du cliché et non pas un : je veux ça, non parce que je suis une femme, mais grace à ma compétence, mes qualités.

Refuser de se définir en se réduisant à un simple sétréotype en dehors de toute victimisation et arrêter de vouloir se retrouver dans la marginalité est, pour moi, le premier pas vers l'éradication du cliché et de la segmentation.

 

C'est facile de se déclarer victime des autres quand on est une femme, un joueur, un geek, insérer votre cliché et réclamer une forme de reconnaissance mais pas trop parce qu'il n'y aura plus rien à défendre.

La révolution féministe est morte depuis longtemps, avoir une console de jeu ou jouer aux jeux vidéo est devenu grand public. Le côté underground est mort le jour où le média est devenu de masse et ça ne date pas d'hier. Le système patriarcal ne subsiste que dans l'inconscient collectif alors même que les femmes ont toujours eu un énorme pouvoir en dehors de la législation qui a trois trains de retard comme la SNCF.

 

Les individus ont du mal à ne plus avoir de causes à défendre, de créer du stéréotype pour mieux l'endiguer : le geek est un bel exemple. C'est devenu hype de l'être, de se ranger dans un stéréotype, de s'y vautrer tout en se défendant du cliché afférant.

Une société qui manque de conflits pour mieux s'épanouir, trouvera le moyen d'en créer au sein d'un microcosme qui pourra se palucher en pensant que les autres sont des cons. Ouais, ils nous déconsidèrent, ils nous chient dessus, mais on vaut mieux qu'eux.

Toujours la faute à l'autre : c'est les autres qui nous crachent dessus. On est des filles et on joue : faut créer le cliché de la gameuse rejetée parce qu'elle ne pisse pas debout. On fait du buzz, on croit que ça fera vendre mais c'est le bide parce que le jeu est entré dans les moeurs, les femmes deviennent des hommes comme les autres.

En écoutant le podcast, les quelques filles le disent elles même qu'elles n'ont quasiment jamais subi de remarques désobligeantes. Et pourtant, on insiste, on en rajoute pour alimenter cette vision bas du front du gruik, gamer un peu pervers qui cherche à fourrer sa queue dans le con d'une charmante (ou pas) demoiselle.

Deux bons gros clichés qui ont vécu et que l'on tente de faire survivre tant bien que mal pour entretenir la machine à clichés avant d'en trouver un autre ou faire dans le revival d'un vieux cliché disparu.

 

Le pire, c'est de voir un entretien du cliché par ceux qui le conspuent. Se définir en combattant l'autre pour ses idées. Comme une armée en manque d'adversaires, un conquérant n'ayant plus de territoires à conquérir. Il faut entretenir la flamme d'une révolution qui n'a pas eu lieu et se montrer sous son meilleur : voyez, je ne suis pas si terrible que ça.

Le problème, c'est que les autres s'en foutent de ce que tu penses et que tu brandisses ton cliché comme il y a 100 ans quand les patrons étaient tout puissant. Il faut penser à grandir, à sortir de son petit stéréotype bien confortable et se confronter à la réalité. Cette réalité où les autres vous stéréotypent parce que vous le voulez bien.

 

Nous sommes une somme d'individualités avec chacune leur particularité. C'est dur de le dire mais vous n'êtes que le cliché que vous désirez être. 

Personnellement, je suis et je trouve ça déjà pas mal.

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